J'ai toujours pensé que chaque être contenait en lui la part essentielle qui le rendait unique et indispensable à la survie de tous. Survie culturelle car tout un chacun enrichit l'autre de sa différence, survie communautaire car seul nous ne pouvons rien. Et pourtant chaque geste aussi isolé soit-il, chaque prise de conscience aussi futile paraisse-t-elle être face à l'énormité de la machine à broyer les consciences qu'est le pourvoir de l'argent, la " grenouille verte ", le dollar ainsi que l'appelaient les amérindiens, chaque initiative individuelle compte ; compte gros et lourd sur l'échiquier de la vie.
Alors, cette goutte d'eau, qui remplit petit à petit le vase communiquant de notre devenir, qui le remplit d'espoir et de lumière afin que tombe le mur de la disgrâce, de la honte et le la fin d'une humanité en quête de moins de souffrance et de plus de liberté, alors quand allons nous la répandre de nos larmes de repentir, de nos larmes d'émotions devant un tel spectacle. Se repentir de n'avoir rien fait ou tout laisser faire et s'émouvoir de contempler l'œuvre unique et grandiose qui s'accomplit à travers son destin.
La destinée humaine est conduite par l'Amour dont la source, qui au lieu de se tarir, se multiplie à chaque initiative, à chaque prise de conscience.
Nous les artistes, rêveurs inconditionnels, penseurs du monde en mouvement, éveilleurs de conscience, détenteurs de la vision globale, arpenteurs du regard objectif et sans jugement, celui que je nomme " le deuxième regard ", nous avons-nous aussi un rôle à tenir dans ce bouleversement.
Nous avons à peser, même modestement, du poids de notre propre conscience toujours en éveil, sur la balance de la juste cause.