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Infatigable, elle n’a de cesse de nous conduire inexorablement vers le gouffre béant de l’uniformisation, de l’épuisement des ressources naturelles, de l’affaiblissement des consciences et de l’avilissement de la nature humaine qui se fourvoie dans son sillon qu’elle trace au nom de la Vérité, de la Croissance, de la Culture et de la Mode.
La source de cette situation est que nous sommes dirigés, instruits, manipulés par des personnes ou des institutions qui sont persuadées de détenir La Vérité...
L’image qui se mire dans le regard de cet enfant tibétain est le reflet d’une cruelle réalité vécue par un peuple spolié par une pensée unique. Celle du gouvernement totalitaire chinois, qui s’octroie le pouvoir et le droit d’occuper, d’exploiter un pays tout entier, de réduire toute une culture au rang de « décor pour touristes ». Peut-on omettre dans ce discours le fait que l’histoire du Tibet et de la Chine sont étroitement liées depuis des millénaires ? Doit-on feindre d’ignorer que l’envahisseur ne brandissait pas toujours le même étendard, et aussi et surtout que dans le désarroi d’une population autrefois maintenue dans l’ignorance par un système féodal et hiérarchisé à outrance, se glisse l’idée d’un accès possible à une autre façon de vivre et de penser ? Sait-on que la pensée bouddhiste essaime ses idées de non-violence et de respect de la vie sous toutes ses formes de part le monde depuis cette dernière invasion ? Quelle est la frontière entre le bien et le mal, le vrai et le faux ?
Nous sommes en train de nous réveiller et d’accéder à une nouvelle forme de conscience nous rendant plus tolérants, plus ouverts et surtout plus responsables face aux grands enjeux des prochaines décennies. Il devient évident pour tous que notre destin et notre survie sur cette terre sont étroitement liés à la gestion et la consommation de l’eau, de l’air, de la nourriture ainsi qu’à la diversité de la vie sous toutes ses formes, même culturelles. Mais force est de constater que la machine à broyer les consciences que sont les pouvoirs financiers inspirant et modélisant la mondialisation et la consommation au profit de quelques-uns, n’est pas prête de changer son point de vue uniquement tourné vers la croissance et le profit à court terme. Un exemple parmi tant d’autres : la surexploitation des ressources de la mer renvoyée par cette image des étals de poissons et de crustacés foisonnants d’espèces qui ne désemplissent pas alors que l’on a la certitude que cette manne aura totalement disparu avant quatre décennies.
Il ne s’agit pas d’instaurer la décroissance ou de prôner tel ou tel système politique ou social, il est l’heure de se tourner vers plus de conscience, de responsabilité et d’humanisme, plus de tolérance et de respect de toutes les formes de vie. La terre nous le réclame, notre survie et celle de nos enfants en dépendent. Meilleures pensées pour les enfants du monde…
B.A.
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