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La promesse d’un engagement peut se faire à des moments bien différents dans la vie d’un être humain, véritable paradoxe vivant…

le paradoxe

Lorsque le parcours difficile d’un individu, jonché d’épreuves et de tourments, le conduit inexorablement à faire une pause, il est temps pour lui de se retourner afin de mesurer la nature du chemin parcouru. Car une chose importante en marchant il a appris :

« Rien ne peut se prévoir, rien encore il ne faut attendre. Seul compte chaque pas. »

   

Lorsque le corps s’impose à l’esprit sourd et muet et que la dissection de sa douleur se révèle être les maux de tous les non-dits, de tous les évènements de tous les mensonges, il ne reste que la possibilité de la promesse. Celle faite lors du décompte de chaque pas, de chaque choix pris à la croisée des chemins, libéré de toute culpabilité, de tout jugement. Simplement le regard posé sur ce qui nous a sculpté dans l’effort accompli pour y parvenir : bonheurs et tristesses, forces et faiblesses, ardeurs et paresses…

    Tout le paradoxe de la vie lié à la nuit de la mort qui nous attend on ne sait où, on ne sait quand. Mais encore l’on a appris à ce stade de la marche silencieuse que l’ombre n’est que la projection malicieuse et négative de la lumière, cette même clarté n’étant que le positif intimement et étroitement lié à la présence de cette noirceur. Le vrai courage n’est pas de sublimer l’épreuve mais de s’en tenir à la promesse de départ, à son engagement. Toujours j’ai pensé avoir un rôle à tenir en tant qu’homme, un devoir à remplir en tant qu’être humain, un témoignage à rapporter en tant que personne, en tant que peintre…

    Aujourd’hui à l’heure de tourner une nouvelle page, une page bien blanche du livre de ma vie, je me dois de relire à voix haute les chapitres précédents. Car ce sont eux qui détermineront ce qu’il me reste à écrire.

    J’ai fait la promesse de l’amour, je l’ai bafoué quelques fois, mais je l’ai toujours maintenu serrée dans mon cœur. J’ai fait la promesse de ne pas oublier  mon devoir de témoignage, si j’ai faibli par moment, toujours j’ai persévéré dans ce rôle.

    Peintre témoin je fus, peintre témoin je resterai.

    En ce jour de veille pour cette nouvelle année qui me rapproche encore de l’issue définitive, je renouvelle ma promesse. Celle de témoigner toujours, dans l’humilité incontournable de ma condition,  de l’urgence de ce que mon regard acéré perçoit du monde et de son devenir.

    Les prémices de la révolte grondent de plus en plus fort et mon espoir de voir le basculement de la masse critique s’opérer vers plus de spiritualité et moins d’égoïsme, vers plus d’égalité et moins de misère, vers plus d’amour et moins de guerres, grandit alors que les écarts se creusent.

    C’est le paradoxe de la foi et le mystère de l’homme en devenir. Plus grandes sont les souffrances, plus pénibles les épreuves, plus terribles les défis, plus il devient  capable de se dépasser et de donner le meilleur de lui même dans le partage, dans la joie et dans celui de l’amour.

    Bientôt je me remettrai à peindre et reprendrai mon bâton de pèlerin pour « les  enfants du monde ».

    Nous qui avons pris conscience de nos responsabilités face au devenir de la planète qui nous porte, sommes en devoir de témoigner et d’agir… pour nos enfants, tel est mon souhait, ma promesse, tels sont mes vœux  pour demain…


                Bruno Altmayer                               Vaudreching, le 24 décembre 2005

 
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